... Présentation ...

... Présentation ...
Bonsoir à Tous et Bienvenue sur ce Blog.

Je m'appelle Amélie. Evidemment ce n'est pas mon vrai prénom, mais c'est ainsi que je veux être appelée désormais. J'ai 18 ans, mais à mon sens ce chiffre ne veut pas dire grand-chose : chacun sait que le véritable âge d'un être fluctue suivant ses expériences et ses états d'esprit.

A priori je suis une personne tout ce qu'il y a de plus banal, peut-être me croisez-vous tous les matins dans le métro, peut-être même m'avez-vous déjà bousculée sur le quai, sans prêter attention à ma présence. Je suis peut-être votre voisine, votre camarade de classe, votre ex, votre future... sans doute ne suis-je rien pour vous.

J'ai une seule passion dans la vie : écrire. Cela ne veut pas dire que j'écris bien. Je vide ma tête, mon coeur, mes tripes, par la seule force d'un stylo. Or, je ne peux garder plus longtemps pour moi ces textes (ou plutôt devrais-je dire ces vomissements, au vu du rôle de soupape de sécurité qu'ils jouent pour moi...) Aussi ai-je décidé de les soumettre à la merci de la critique, ce qui pourra (je l'espère) me donner une idée de ce qu'ils valent. Le précédent blog sur lequel j'avais testé cette façon de faire n'a pas eu le "succès" escompté, mais je ne perds pas espoir avec ce nouveau journal web.

En bref, votre avis m'intéresse. Libre à vous d'arpenter mes Larmes d'Encre, et de me poster votre avis, quel qu'il soit. J'accepte tous les commentaires à partir du moment où ils sont argumentés et respectueux. Je tolère les fautes d'orthographe, pas le langage SMS, merci de votre compréhension.


Profitez du rôle de critique littéraire que je vous offre, lisez et commentez ^^

Bonne lecture à tous.

Amélie N.


EDIT : CE BLOG EST TRES PEU MIS A JOUR, JE M EN EXCUSE... DANS UN STYLE MOINS "LARMOYANT" VOUS POUVEZ VISITER MON AUTRE BLOG : ICI

Picture : Phantom of light.de
Music : "All Yea Youth Of Wales" Elena Polonska

# Posté le jeudi 28 août 2008 14:21

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 15:33

Questions

Sur cet article je répondrai aux éventuelles questions que vous voudriez me poser... (oui, dit comme ça, ça fait très prétentieux ^^) Je n'y répondrai qu'ici, aussi surveillez cet article, il sera mis à jour régulièrement...

Pourquoi avoir appelé ton blog "larmes d'encre" ?


- Parce que "larmes d'encre" est le titre d'un de mes carnets de poèmes. J'aime cette correspondance entre l'encre, véritable "sang" d'un roman ou d'un poème, et le liquide lacrymal humain qui est parfois tout ce qu'il nous reste... d'autant plus que j'écris rarement en période de grande euphorie : j'ai accouché des écrits dont je suis la plus fière dans des périodes de tristesse, voire de déprime. A mon avis, la mélancolie fait les plus beaux textes, et je peux dire que la plupart de ce que je gribouille est écrit avec mes larmes, ou presque.

D'où te vient l'inspiration?

- Question difficile... je ne sais pas, en fait. Tout peut être susceptible de faire naître en moi un besoin d'écrire. Tout ce que je peux dire, c'est que l'inspiration me vient par à-coups, j'ai mes périodes. En général, les mots sont plus fluides quand je suis mélancolique, et je me sens plus à-même d'écrire le soir, ou l'après-midi quand il pleut et que je n'ai rien d'autre à faire ^^


C'est n'importe quoi, ce que tu dis sur la religion...

- C'est ma vision des choses, elle découle de mes expériences, de mes réflexions et des observations que j'ai pu faire jusqu'ici. Je n'oblige personne à adhérer à mes idées, chacun est libre de se faire sa propre opinion et je le respecte tout à fait. Cela dit, je ne me considère pas comme Athée ou Agnostique; disons simplement que ma foi est une petite parcelle de force au fond de moi, et dans laquelle je puise quand j'en ai besoin. Je ne vois pas en quoi les simagrées d'un prêtre (ou d'un pasteur, ou d'un pope, ou d'un rabbin, ou d'un...) peuvent m'être utile, pour le moment.


à suivre...


Music : "bleed Well" H.I.M

# Posté le jeudi 28 août 2008 15:14

Modifié le samedi 30 août 2008 14:47

nouvelle : Amélie (1ère partie)

 nouvelle : Amélie (1ère partie)
Amélie (Première partie)

Je veux écrire mon histoire. Pas une stupide et inutile autobiographie, juste un exutoire, une espèce de crachoir que personne ne lira. Comme un journal intime, mais qui n'a rien de quotidien; une page où je peux écrire par à-coups le matin, le soir, la journée, la nuit, n'importe quand. Bien sûr je ne fais pas directement allusion à moi, parce qu'écrire "je" m'a toujours été difficile. Ce pronom implique une chose terrible : je dois me dévoiler.
Ecrire, c'est forcément donner un peu de soi: son style, ses rêves, son imagination. Je n'aime pas m'offrir à tous ces lecteurs potentiels qui décortiqueront mes mots, mes phrases, et donc ma vie. Et pourtant, j'aime écrire. Passionnément. C'est comme si pendant un moment une partie de moi m'échappait, comme si les personnages sous la pointe de mon stylo vivaient leur vie devant moi, comme un film qui se déroule sous mes yeux. C'est comme si brusquement, quelqu'un m'avait remarqué et m'écoutait : les mots couchés sur le papier sont alors pour moi une foule de paroles que je n'ai pas toujours le courage, ou l'occasion, de dire.
Comment parler de sa vie sans parler de soi? Voilà le problème paradoxal que je me suis posé. Je me suis longtemps creusé la cervelle, j'ai cherché des nuits entières, je me suis tant interrogée que j'ai cru en devenir folle... Et c'est alors qu'elle est arrivée.


Elle s'appelle Amélie. Elle n'est pas vraiment jolie, pas vraiment laide non plus. On ne la remarque jamais, car elle se déplace partout comme une ombre invisible, avec l'agilité d'un chat. Toujours très silencieusement...comme elle est discrète! Et pourtant elle n'est pas très habile: ses mains ne créent jamais rien de sensationnel; elle ne sait ni dessiner, ni peindre, ni sculpter, ni modeler, ni jouer d'aucun instrument, et pourtant elle a essayé... malgré tout cela, Amélie aime l'art, au premier sens du terme. Elle est émerveillée quand elle peut admirer les peintures délicates des oeufs de fabergé sur les
stands des marchés de noël, en fin d'année. Elle rêve secrètement de posséder une belle collection de toiles et d'illustrations chez elle. Elle aime l'impressionisme. Elle passe ses journées à écouter de la musique et souhaiterait savoir chanter. Elle s'essaye à la photographie, elle écrit des poèmes que personne ne lit, elle fait quelques points de couture quand elle en a l'occasion, elle touche un peu à tout. Amélie est une rêveuse. Son plus grand désir est de faire un jour un long voyage à travers l'europe, en passant par la russie. Elle est très attirée par les pays du nord et de l'est : d'ailleurs, pour cet hiver, elle veut une chapka avec un bord en fausse fourrure, comme elle en a vu l'autre jour dans la vitrine d'un magasin, en ville. Amélie aime lire: elle n'a pas une grande connaissance des écrivains célèbres, mais son père lui parle régulièrement de Tolstoï et de Marguerite Yourcenar. Amélie cependant préfère lire Molière, Voltaire, Baudelaire, Verlaine, George Sand, Tolkien, Paolini, Buzzati. Elle se retrouve dans les romans champêtres du XIXeme siècle, elle est fascinée par le courant romantique, mais elle aime aussi beaucoup lire des romans ou des nouvelles fantastiques, celles avec les elfes, les dragons et les batailles sanglantes.

Amélie aurait aimé être un vampire dans une autre vie. Elle aurait vécu à Prague avec d'autres buveurs de sang, ou en Transylvanie, en compagnie du prince Dracula. Le plafond de sa chambre aurait été en ogives; le dallage du sol aurait été noir et blanc comme dans les antiques palais de Venise et les portraits et les statues d'anges que l'on place à l'entrée des cimetières auraient fait partie du décor. Elle aurait eu pour animaux de compagnie un corbeau, un loup et un beau petit chaton noir aux yeux jaunes. Elle aurait passé la journée dans son jardin anglais, à l'ombre d'un saule pleureur ou au pied d'un rosier acéré, à lire des recueils de Poésie en attendant le soir; alors elle aurait donné des bals somptueux dans son palais, à la lumière des chandelles, et vers minuit le vin dans les coupes se serait mêlé au sang encore tout chaud coulant des gorges blanches et des coeurs qui palpitaient au son des violons quelques minutes plus tôt...

Amélie aimerait être amoureuse, mais sans avoir à souffrir. Elle a peur désormais de donner son coeur: et si ce n'était pas la bonne personne? Et si, encore une fois, on se riait d'elle? Et si, encore une fois, on jouait avec ses sentiments sans qu'elle s'en rende compte? Amélie est naïve. Et fragile. Ceux qui croient la connaître pense qu'elle est plutôt fière, blasée, et que peu de choses l'atteignent. C'est FAUX. Amélie ressent à chaque instant une bouffée de sentiments, un rien l'émeut...mais elle ne le montre pas; c'est dans son tempérament. Elle a si peur qu'on vienne lui gâcher ses émotions qu'elle refuse de les partager avec n'importe qui. On ne peut pas dire qu'elle se referme, non... elle intériorise, c'est tout. Elle a fait d'elle même un réceptacle où elle enferme les bonheurs comme les égratignures, à tel point que lorsqu'elle ressent une chose très forte, bonne ou mauvaise, son corps entier en est chamboulé.
Amélie est capable de trembler pour un mot, pleurer pour un regard, rire pour un clin d'oeil. Mais quand cela lui arrive, elle se cache, ou elle attend d'être dans le noir, dans son lit, pour se laisser aller.

Amélie est seule. Amélie est toujours seule, mais cela ne la dérange pas vraiment. Elle est très sociable, même si elle a toujours eu peur des autres et de leur regard. Amélie est accompagnée de la Solitude depuis longtemps déjà, et plus le temps passe, plus leurs liens se resserrent; au final, Amélie s'est convaincue qu'elle s'ennuie bien moins lorsqu'elle est seule que lorsqu'elle est en société. Amélie s'est éloignée du monde "normal" pour se créer un autre univers et s'y réfugier; elle s'y est enfoncée si profondément que maintenant, lorsqu'elle est avec de jeunes gens de son âge, Amélie a l'impression d'être en décalage. Amélie ne comprend pas les "autres": elle tente de leur exposer sa vision des choses, de leur expliquer ses goûts, avec beaucoup de douceur et d'enthousiasme, et eux, ils ricanent ou la repoussent en la traitant de "sale gothique".

Pour Amélie, les papillons sont noirs et leurs ailes scintillent comme de la poussière d'étoile; les livres, les jouets, les bijoux, le moindre objet a une âme qu'il ne faut pas contrarier ou malmener; les enfants sont les être les plus heureux de cet Terre car ils n'ont pas conscience de tout le mal qui les entoure; les fluides des gens morts hantent encore les cimetières, d'où l'ambiance calme et hors du temps qui s'en dégage; Les artistes, quels qu'ils soient, sont toujours des hommes et des femmes ultrasensibles que personne ne comprend parfaitement et qui sont voués à souffrir toute leur vie... Amélie a parfois des pensées bizarres, des pulsions qu'elle refoule mais qui reviennent hanter ses rêves. En se réveillant, elle a un peu honte d'avoir eu de tels fantasmes que la bonne société réprimerait si elle les réalisait; Et puis, elle se dit qu'après tout, exprimer cela à travers ses rêves l'aidera sans doute à être une personne plus équilibrée dans sa vie quotidienne, alors elle laisse faire et elle n'en parle pas. Avec le recul, il lui arrive même d'en rire! Quelle jeune fille ne s'est jamais surprise dans les bras d'un séduisant inconnu lors d'un sommeil qu'elle croyait paisible?

Amélie déteste ranger sa chambre. C'est peut être un peu comme ça aussi, dans sa tête, c'est en désordre. Non, pas de confusion mentale, rien de grave ou de dangereux: désordre, dans le sens ou sa curiosité et ses envies la mènent à expérimenter toutes sortes de choses, à penser de différentes façons et à sans cesse renouveler une personnalité qu'elle n'a pas encore tout à fait forgé. Bien qu'elle soit déja presque majeure, Amélie sent qu'elle n'en est encore qu'à un stade de naissance : c'est comme si elle commençait juste à être pleinement elle-même , et à disposer de sa vie comme elle le souhaite. Et pourtant, Amélie n'a pas la moindre envie de devenir adulte : oui, elle veut vivre seule! Oui, elle veut conduire une voiture! Oui, elle veut voter! Mais elle refuse
de devenir menteuse, fatiguée, manipulée et manipulatrice, esclave d'une société qui veut la rentrer dans un moule. Amélie a peur de l'avenir: elle ne veut pas d'un métier qui l'accapare, elle ne veut pas se lever le matin complètement découragée, elle ne veut pas être une bonne citoyenne, une bonne épouse, une bonne mère. Elle veut être libre de faire uniquement ce qui lui plaît, et rien d'autre. Et ça lui fait peur. Qu'y a-t-il derrière la liberté? Quand elle se sera rebellée contre la Terre entière, quand elle se sera assez laissée porter par ses passions, ou sera-t-elle arrivée? Ne regrettera-t-elle pas de ne pas s'être mariée, de ne pas avoir eu d'enfants, de ne pas avoir eu un métier "courant", de ne pas être "rentrée dans le moule" au final?
Amélie se pose beaucoup de questions. Trop, à son goût.

Picture : ?
Music : "Slept So Long" Orgy

# Posté le jeudi 28 août 2008 15:34

nouvelle : Amélie (2eme partie)

 nouvelle : Amélie (2eme partie)
Amélie a continuellement l'impression de perdre son temps. Elle réfléchit beaucoup mais n'agit que très rarement; tout, dans sa tête, reste au stade théorique. Alors parfois, elle se "lâche", elle commence ou arrête quelque chose sur un coup de tête. Jusqu'à présent, Amélie l'a toujours regretté. C'est de cette manière qu'elle a perdu une bonne partie de ses amies, ses meilleurs passe-temps, ses amours... au final, Amélie aurait mieux fait de continuer à réfléchir à la portée de ses actes. Sa seule consolation est désormais de se dire que tout le monde fait des erreurs et qu'elle n'a pas échappé à la règle. Peut-être arrivera-t-elle à se relever un jour, avec un peu de patience et d'intelligence...laissons faire le temps...

Amélie pense encore à Lui. Maintenant qu'il n'est plus là, elle ressent un grand vide, elle n'est plus complète. Elle a naïvement cru qu'elle serait heureuse toute sa vie avec lui, qu'ils se marieraient et auraient beaucoup d'enfants, comme dans les contes de fées... mais Lui, il n'a pas vu les choses de cette façon; entre deux gardes à vue, il a décidé qu'Amélie ne lui servait qu'à combler ses besoins intimes et il l'a écartée de son chemin. "Je me suis trompé sur mes sentiments" a-t-il dit avant de partir. Ce jour-là, Amélie a réellement cru qu'elle allait en mourir, car elle, elle ne s'était pas "trompée sur ses sentiments". C'était un jour venteux, le ciel était blanc comme du coton et Amélie a pleuré toute la soirée et toute la nuit. Elle avait perdu le goût, celui des aliments, mais aussi le goût de vivre. Heureusement, Amélie n'a pas fait de bêtises. Son rasoir lui faisait des signes depuis le rebord de la baignoire mais Amélie ne l'a pas touché, et les médicaments de la pharmacie sont restés à leur place. Amélie pense que c'aurait été idiot de mourir ce soir-là, même si elle se sentait vraiment mal.

Depuis ce jour, Amélie ne vit plus, elle vivote. Les jours succèdent à d'autres jours, et ils défilent tous en file sans aucun temps mort. Elle essaie de rire, d'avoir le coeur léger, elle essaie de paraître sereine...paraître seulement. Tout n'a pas encore cicatrisé en elle. La condition humaine fait qu'un être s'accomode à beaucoup de choses, sinon à tout. Amélie le sait; un jour le temps l'aura guérie de ses petites misères d'adolescente et elle pourra de nouveau s'engager sur d'autres chemins. Elle ne se fait pas de soucis, et puis après tout pourquoi s'embarrasser l'âme? On ne traîne pas ses tracas derrière soi comme un boulet toute sa vie.

Amélie apprend. Elle apprend à pardonner à ceux qui lui ont fait du mal, qu'elle avait dénigré alors qu'elle a agit de la même façon un peu plus tard. Elle ne vaut guère mieux
qu'eux dans ce cas; pourquoi rester faché contre une personne qui, après tout, n'est qu'humaine? Amélie pardonne, mais n'oublie pas. Amélie apprend aussi à s'endurcir. Contre ceux qui vous veulent du mal, il faut se protéger avec une carapace, et Amélie forge la sienne un peu plus chaque jour. Amélie a fait des erreurs, elle est "comme tout le monde". Si elle ne peut les réparer, Amélie fait en sorte que ces fautes lui servent de leçon. Fais attention à ce que tu raconte, et à qui tu le dis. N'abandonne jamais quelqu'un pour quelqu'un d'autre, en amitié comme en amour. Ne juge les gens que sur leurs actions envers toi, pas sur leur apparence ou ce qu'on te dis d'eux, et mets-toi dans leur peau avant de porter un jugement quelconque. Tout peut se justifier. Ne néglige jamais personne, car ce sont parfois les petites gens à qui tu n'accordais pas beaucoup d'importance qui ont les solutions à tes problèmes.

Amélie aime la musique. Celle qui vibre dans son coeur autant que dans ses tympans. Celle qui lui arrache des larmes d'émotions et des tremblements. Celle qui fait naître les plus belles images dans sa tête: les ballerines légères valsant avec les cosaques dans le hall du palais de l'Hermitage, les anges illuminant les sombres églises en ouvrant leurs ailes, une petite fille jouant du piano au milieu de gravats... peu importe que ce soit de la musique classique, variété, metal ou traditionnel, et peu importe qu'elle vienne d'ici ou d'ailleurs...il faut qu'elle lui parle. Pour Amélie, la musique est un langage universel qui communique des milliers d'émotions différentes sur une même base. Amélie a joué du piano pendant cinq ans, et elle regrette aujourd'hui d'avoir arrêté. Elle s'est essayée sans grande conviction à la guitare et a été chanteuse dans un groupe de metal. Au final, Amélie a cru qu'elle était faite pour être musicienne; elle s'est trompée.

Amélie voudrait être très belle. Quand elle va au lycée, quand elle marche dans la rue, personne ne la remarque; elle aimerait juste faire tourner les têtes, au moins une fois. Amélie n'aime pas son nez, il est trop rond et trop volumineux à son goût. Elle n'aime pas non plus sa peau, toute pleine de cicatrices que lui a laissé l'acné. Elle se trouve trop maigre, trop insignifiante, trop "banale"... des filles aux cheveux chatains et aux yeux gris-verts, il y en a partout. Amélie n'est jalouse de personne, elle essaie juste de se rapprocher d'un idéal qu'elle s'est elle-même créé.

Amélie ne croit plus en la religion. En théorie, elle est catholique, mais elle a beaucoup regardé autour d'elle: intégrisme, fanatisme, sectes, croisades, djihads, discrimination, guerres de religions, évangélisation et conversions forcées, inquisition, obscurantisme, circoncision, excision, manipulation, opinions rétrogrades et conservatrices, attentats...où est la paix pronée par toutes les grandes religions monothéistes? Pourquoi tant de guerres pour un Dieu qui n'existe peut-être même pas? Ce qui est sûr, c'est qu'Il ne se préoccupe guère du beau monde qu'Il a créé, alors les hommes ont remplacé son absence par des religions institutionnalisées qui se sont assoiffées de pouvoir et ont voulu étendre leur influence par la tyrannie et des procédés condamnables, tel maintenir les fidèles dans l'ignorance... Amélie pense que le but des doctrines n'est pas mauvais, mais leur message initial s'est altéré au fil du temps; il a été maintes fois modifié, et la science contredit de plus en plus certaines choses; Moïse n'a pas ouvert la mer rouge, il est passé à marée basse! Jésus n'a pas marché sur l'eau, mais sur une fine pellicule de glace! Amélie souhaite garder une certaine forme de spiritualité au fond de son coeur, une force qu'elle ne partagera avec personne mais dans laquelle elle pourra puiser à tout moment. Elle ne ressent pas, et n'a jamais ressenti le besoin de faire étalage de ses croyances lors de rassemblements auquels on l'a toujours traînée de force.

Amélie est paranoïaque. Elle a parfois l'impression que les gens qu'elle fréquente régulièrement en ont assez d'elle, de sa maladresse, de sa bêtise, et qu'ils cherchent parfois à l'éviter. Il semble qu'Amélie ressente certains "fluides" certaines des émotions de ceux qui sont en face d'elle. C'est comme une onde électrique invisible, faible mais tellement perceptible quand on tend toute son âme vers celui que l'on écoute...
Amélie a-t-elle raison de se mettre dans des états pareils? Pourquoi lui en voudrait-on? La plupart des actions qu'elle prend pour des "faux-pas", les autres ne les voient pas. Mais que voient-ils réellement d'Amélie, et qui est-elle pour eux? Amélie est partagée entre l'envie de savoir ce qu'on pense d'elle et la peur de sonder l'indifférence que l'adversité lui manifeste. Au fond, Amélie ne serait-elle pas égocentrique?

Amélie fait parfois souffrir des gens, sans le vouloir.
Amélie est maladroite, naîve et bête.
Amélie s'en veut.

Amélie est en manque d'affection. Elle aimerait juste prendre quelqu'un dans ses bras, se nourrir de sa chaleur, s'endormir en écoutant son coeur battre contre son oreille. Mais Amélie ne peut satisfaire ce désir: à la moindre tentative de rapprochement, elle se voit repoussée, rabrouée, "ça ne se fait pas" "mais enfin, quel âge as-tu?" parce qu'il faut un âge pour câliner les gens? Parce que c'est mal d'aimer son entourage, et de le montrer?
Alors Amélie rêve d'un être qu'elle rencontrera un jour, qui ne verra pas d'inconvénient à se laisser approcher, qui n'aura pas peur de plonger ses yeux dans ceux d'Amélie et qui n'aura pas peur de ce qu'il y verra, un être qui réchauffera son coeur emprisonné dans la glace de la solitude et qui, peut-être, tentera de la rendre heureuse...
Mais cet être ne vient pas et Amélie attend. Pour rien, sans doute. Au fond d'elle, elle a la vertigineuse intuition qu'elle passera sa vie à attendre un mirage inexistant.
Tant pis pour elle.

Amélie aime lire; au moins autant qu'écrire. Elle aime se laisser transporter dans de nouveaux univers, s'inviter dans des mondes qui nourissent le sien. Mais si Amélie a commencé par écrire les histoires qu'elle inventait avec ses jouets, désormais elle écrit pour elle, pour ne pas oublier les choses étranges qui se déroulent dans sa tête, les bizarres vies de personnages qui profitent de sa main pour exister et dont les péripéties guident sa plume. Amélie rêve secrètement de devenir écrivain; peut-être n'y arrivera-t-elle pas, mais qu'importe. Amélie est déjà si heureuse que des lecteurs comme vous soient là, devant votre écran, en train de lire ses divagations... cela lui créé un lectorat, restreint mais fidèle, qui est plus apte à la juger qu'elle ne l'aurait fait elle-même, et qui a appris à la connaître, à la comprendre, en lisant ces mots qu'elle a pris tant de soin à choisir et à poser sur le papier.
Et peut-être qu'un jour, qui sait, vous aurez entre les mains un petit livre raccorni que vous aurez déniché chez un libraire oublié, un petit recueil de nouvelles étranges dont aucun magasine, aucun critique littéraire n'aura parlé, et qui sera signé Amélie N...

Picture : ?
Music : "Farther Away" Evanescence

# Posté le jeudi 28 août 2008 15:49